Il s’agit d’une découverte scientifique majeure : non seulement des vers gelés dans le Pergélisol (Permafrost en anglais) en Sibérie il y a plus de 42 000 années sont revenus à la vie mais ils ont aussi commencé à se nourrir.

nematode

Image : Siberian Times / Princeton University, Twitter @Princeton


La découverte a été faite par une équipe de scientifiques russes en collaboration avec l’Université de Princetown aux États-Unis, selon le Siberian Times.

Les Vers : des Nématodes

Le type de Ver qui est revenu à la vie est de la famille des Nématodes, soit l’un des vers les plus vieux du monde. Ce ver possède un tube digestif complet.

Les scientifiques ont rapporté près de 300 vers préhistoriques du Permafrost et sur ces 300, deux d’entre eux, des nématodes ont montré des signes de vie lors de la décongélation. Ils ont ensuite commencé à s’alimenter.

L’un des deux vers a été découvert dans le terrier d’un écureuil dans le Duvanny Yar aux abords du fleuve Kolyma. Il appartient au groupe des Panagrolaimus. L’âge de ce vers est estimé à 32 000 ans, ce qui correspond à la fin de l’époque Pléistocène. L’autre specimen provient du genre Plectus, a été extrait du Permafrost à 3,5 mètres de profondeur aux abords de la rivière Alazeya et a été ramassé en 2015. L’âge de celui-ci serait de 41 700 ans. Les deux vers sont les plus anciens specimens du règne animal encore en vie sur Terre.

La décongélation a eu lieu à l’Institut de Physicochimie et de Biologie du Sol près de Moscou et a duré plusieurs semaines. Les vers ont été nourris à la bactérie E. coli et étaient placés dans une boîte de Petri à 20 °C avec de l’agar-agar.

Le Pergélisol (Permafrost)

Il s’agit d’un sol qui ne dégèle jamais en surface pendant au moins deux années de suite. Il couvre le cinquième de la surface de la Terre. Le Canada en est couvert à 50%, tout comme l’ex-Union soviétique, tandis que l’Alaska en est couvert à 80% et le Groenland à 90%. Cela représente pour l’hémisphère nord le quart des territoires émergés.

L’Équipe de Recherche

C’est une grande étude qui a été rendue possible par le travail collaboratif de quatre équipes russes et une équipe américaine. Parmi les russes, on compte l’Institut de Physicochimie et de Biologie du Sol dans la région de Moscou, l’Université d’État de Moscou, la Station Biologique de Pertsov White Sea, l’école Higher School of Economics de Moscou ; chez les américains, le Département des Géosciences de l’Université de Princeton dans le New Jersey (US).

Un Miracle… qui fait peur ?

Le côté positif d’abord : si des vers reviennent à la vie, on peut se dire : alors pourquoi pas les humains ? Nous n’en sommes pas encore là mais éventuellement dans le futur tout sera possible. C’est d’ailleurs ce que pense la société américaine Alcor Life Extension Foundation qui promet moyennant un coût assez conséquent, la vie éternelle via la cryonie ou cryogénisation.

Le côté inquiétant maintenant : si des vers reviennent à la vie, alors certains microbes prisonniers dans la glace pourraient eux aussi décider de ressusciter si la surface de la Terre se réchauffe et que le Permafrost vient à fondre avec le réchauffement climatique. D’ailleurs ce scénario est loin d’être de la science fiction puisqu’en 2016 en Russie, des températures anormalement élevées ont amené à la fonte du permafrost qui a alors libéré des bacilles mortels emprisonnés dans la glace. Plusieurs dizaines de personnes avaient dû être hospitalisées après avoir mangé de la viande de Rennes contaminés à la maladie du charbon (ou anthrax).

Vous préférez quel scénario ? Je vous laisse choisir votre scénario, mais moi je vais choisir le premier.