Scandale Facebook : le réseau social a joué avec les émotions des gens

Une étude menée par le Data Scientist Adam Kramer de Facebook, en collaboration avec plusieurs autres chercheurs, avait pour objet de volontairement truquer le fil d’actualités de 689 000 utilisateurs du réseau social dans le but de montrer que ceux-ci pouvaient être manipulés émotionnellement. Positivement ou négativement.


Et cela a fonctionné.

image : deganza.com

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L’étude a été réalisée pendant une semaine en janvier 2012. Les chercheurs ont volontairement affiché de nombreuses mises à jour de contenu (vidéo, images, texte, commentaires) soit négatives, soit positives. En fait c’est l’algorithme de sélection des nouvelles qui a été manipulé. Dans le groupe de personnes qui recevaient les mises à jour positives, cela les encourageait à poster eux-mêmes des statuts similaires. Dans le cas inverse, c’est exactement l’opposé qui se produisait.

Lorsque les nouvelles étaient modifiées pour afficher moins de publications émotionnelles, les scientifiques se sont rendu compte que les utilisateurs avaient tendance à poster moins de mises à jour les journées suivantes.

La conclusion est sans appel : via de simples nouvelles de nos amis sur un réseau social, on peut être influencé positivement ou négativement pour le reste de la journée et possiblement des jours suivants. Fascinant et terrifiant à la fois.

« Emotions expressed by friends, via online social networks, influence our own moods, constituting, to our knowledge, the first experimental evidence for massive-scale emotional contagion via social networks. »

De nombreux observateurs (avocats, politiciens, activistes) ont jugé cette expérience scandaleuse. Légalement Facebook pouvait la réaliser, mais moralement, étant donné que personne n’était au courant, c’était plutôt culotté.

Clay Johnson, l’un des piliers derrière la promotion sur les réseaux sociaux de l’équipe de Barack Obama lors de la Présidentielle 2008 a émis le commentaire suivant sur Twitter : «Est-ce que la CIA pourrait inciter à la révolution au Soudan en mettant la pression à Facebook de promouvoir du contenu négatif? Serait-ce légal? Est-ce que Mark Zuckerberg pourrait inverser la tendance d’une élection en mettant plus en avant un site comme Upworthy deux semaines avant le vote? Est-ce que ce serait légal?»

La question est posée…

clay johnson