Procès de blogueurs contre marques : qui sort gagnant?

Vous avez sans doute pris connaissance de l’info d’aujourd’hui selon laquelle le blogueur Kevin Cogill s’est fait arrêté par le FBI pour avoir mis à dispostion du public 9 extraits du nouvel album de Guns N’Roses Chinese Democracy.


Le blogueur qui avait mis les extraits sur son site en juin les a retiré suite à une plainte de Guns N’Roses et un avertissement du FBI. Ce jeudi matin à 6:59, 5 membres du FBI l’ont arrêté menottes aux poignets et il a comparu devant un tribunal de Los Angeles, avant d’être libéré sous caution de 10 000 dollars.

Le blogueur risque 5 ans de prison. Aux Etats-Unis on ne rigole pas avec les droits d’auteur et on veut faire des exemples, de la même manière que pour le hacker Gary McKinnon qui risque 70 ans de prison.

C’est à mon avis très exagéré.

Surtout quand on peut aisément deviner que Guns N’Roses doit se réjouir de cette arrestation qui vient de lui créer un buzz monstre sur la toile mondiale. Et qui dit Buzz dit plus de ventes à venir de son prochain album. Un album qui soit dit en passant aura mis 14 ans à voir le jour et a été qualifié par le New York Times « du plus cher à ne jamais avoir été enregistré ».

Donc pour le groupe Guns N’Roses c’est une belle publicité gratuite.

Cependant côté humain c’est un peu moyen. Si le blogueur prend réellement 5 ans de prison, tout le monde va se souvenir de ce groupe de musique comme étant celui qui a envoyé une personne pendant plusieurs années en prison tandis que ses ventes d’album explosaient. Si Cogill ne recoit qu’un avertissement ce serait le meilleur cas de figure pour les deux parties.

Coté blogueur maintenant. Cogill devait assurément savoir ce qu’il faisait et il l’a certainement fait dans un seul but: accéder à la célébrité instantanée, coûte que coûte. Il a même pu en retirer des revenus. C’est vraiment maladroit de sa part, surtout que les fichiers se sont propagés à vitesse grand V sur les réseaux P2P et qu’en quelques jours le mal était fait.

Dans son cas il s’agit vraiment de fraude et cela lui donne beaucoup moins d’excuses que dans l’affaire Fuzz-Olivier Martinez par exemple. Dans le cas de Martinez, qui a gagné son procès, cela s’apparentait également à un joli coup de surexposition publique à moindres frais. Un buzz gratuit. Un procès gagné contre l’ensemble de la blogosphère française et dont les médias (tv, journaux, radios) ont largement relayé en grand nombre.

Dans ce cas on pourrait croire qu’Olivier Martinez est aussi le grand vainqueur. Eh bien non je ne pense vraiment pas, au contraire. Martinez n’a rien à vendre lui, si ce n’est sa présence dans certains films au cinéma. Et sur le long terme, je pense que son image en a pris un coup. Mauvais choix. Il s’est attaqué à un simple blogueur sur quelque chose qui était loin de l’ampleur de la fraude de Cogill. Un simple lien posté sur un site qui redirige vers un autre site et dont le propriétaire du site, Eric Dupin n’était même pas l’auteur. Vous voyez un peu le portrait. Ridicule. Le seul moyen pour Martinez de réparer son erreur aurait été de présenter des excuses publiques, ce qu’il n’a pas encore fait.

Une autre affaire a également opposé une marque française à un blogueur qui utilisait involontairement son nom dans l’une de ses urls. Dans ce cas ci encore une fois le but était simple: faire parler de soi. Conséquences négatives pour la marque malgré un léger buzz.

Maintenant la question à se poser: est-ce que l’impact d’un gros buzz sur la toile causé par un procès à plus de positif que de négatif pour une marque/célébrité/groupe de musique ?

Pour moi, ca dépend des cas. Dans celui des Guns N’Roses je les donne gagnants, dans les deux autres perdants.

7 Comments

  1. weetabix 29 août 2008
  2. joris 29 août 2008
  3. jlu 29 août 2008
  4. Vincent 29 août 2008
  5. jlu 29 août 2008
  6. Vincent Abry 29 août 2008
  7. Alexis 30 août 2008