Des chercheurs découvrent un point de basculement dans l’adoption d’idées

tipping point

Un point de basculement sociologique ou tipping point en anglais est le moment à partir duquel le comportement ou une conviction d’un groupe de personnes finit par être adopté par plus de la moitié de la population.

Des chercheurs à l’Institut Polytechnique de Rensselaer aux Etats-Unis ont découvert que le point critique de basculement pour l’adoption d’idées se situait à 10%. Cela veut dire que quand plus de 10% de la population est convaincu qu’une idée est la bonne, l’adoption par la majorité de la société (+ de 50%) se fait en un temps record. Deux bons exemples sont les renversements des gouvernements tunisien et egyptien. Des décennies de dictature sont tombées en quelques semaines. Dans ce cas-ci les réseaux sociaux comme Twitter ont largement contribué à l’accélération des révoltes.


Dans le cas contraire, lorsque moins de 10% adopte un comportement ou une idée, l’adoption de masse par au moins 50% de la société ne se fera jamais ou bien seulement après des siècles et des siècles…

Cela fonctionne avec une idée nouvelle contre une idée déjà en place. Par exemple cela pourrait donc vouloir dire que si plus de 10% de la population dit « Google + c’est mieux que Facebook, il faut s’inscrire », le réseau de Google décollerait vraiment auprès du grand public.

Les chercheurs veulent maintenant étudier le comportement du tipping point lorsque deux nouvelles idées opposées s’affrontent. Exemple : démocrates contre républicains. Dans le cas actuel de la dette américaine, il vaudrait mieux pour tout le monde qu’il y ait bel et bien un point de de basculement et non un match nul qui n’apporterait aucun changement. Sinon on est mal partis ^_^

source : Minority rules: Scientists discover tipping point for the spread of ideas

  • Thierry

    pas mal cette théorie, comme quoi l’esprit grégaire est plus que jamais la clé du pouvoir

  • Baptiste

    Hello,

    Intéressant !

    Je ne comprends pas bien cependant :
    « Dans le cas contraire, lorsque moins de 10% adopte un comportement ou une idée, l’adoption de masse par au moins 50% de la société ne se fera jamais ou bien seulement après des siècles et des siècles… »

    Pour arriver à 50% (même après des siècles), il faut bien en passer par les 10% qui font tout basculer rapidement, non ?

    ++

  • Damien

    Intéressant … ça me fait penser à l’histoire du centième singe !

  • Dave

    Si c’était réellement le cas, le Québec serait déjà un pays indépendant :P

  • David

    10% de quoi??
    Pour Facebook et Google+, pourquoi 10% de la population totale et pas 10% des utilisateurs de Facebook ou encore 10% des personnes intéressées par les réseaux sociaux, ou encore 10% des personnes surfant sur le net… Bref sans davantage de précisions sur les hypothèses j’ai l’impression qu’on est juste en train de découvrir que plus il y a de gens convaincus par une idée, plus cette idée est populaire… Jusqu’à un certain point ça me semblait déjà évident.

  • yves

    « les réseaux sociaux comme Twitter ont largement contribué à l’accélération des révoltes » C’est une idée reçue, reprise en boucle et qui passe maintenant pour une vérité, sauf que cela n’a jamais été démontré et que de nombreux experts doutent sérieusement de la contribution des réseaux sociaux dans ce fameux Printemps arabe, et pensent qu’Al Jazira aurait eu bien plus d’influence en termes de communication. C’est peut-être valable dans le domaine du marketing, mais comme le fait remarque Dave « Si c’était réellement le cas, le Québec serait déjà un pays indépendant » !

  • Alphonse

    Voir la mémétique
    qui théorise notamment le principe de la contagion des idées.
    http://www.memetique.org/

  • LaRègledes5C

    @David : oui, il y a de l’évidence mais aussi de la nouveauté. Nous vivons désormais dans un ère très connectée où l’info circule très vite et très facilement.

    L’excellent Malcom Gladwell s’était intéressé au phénomène de la contagion, dès 2006 (sic!) dans l’un de ses bouquins « Tipping Point ». http://www.gladwell.com.

    Selon Gladwell, il existe 3 facteurs :

    1 l’idée doit être reprise par les influenceurs, les »connecteurs de l’information »ou des gens charismatiques
    2 « The Stickiness Factor » : facteur de communication qui fait que le message va être effectif ou non (ex : slogan, canal, …)
    3 « The Power of Context » : l’environnement est déterminant

    D’autres facteurs ????

  • Alphonse

    Le concept de champ morphogénétique (qui suppose la création d’une forme correspondant à une idée et qui permet par la suite sa contagion) fait plus que constater.
    Il permet d’avoir une certaine compréhension des raisons pour lesquelles existe un tel seuil.
    Après que ce seuil ait été franchi chacun trouve étrange le concept auquel tous résistaient devient si évident (comme la rotation de la terre autour du soleil par exemple), l’inefficacité chronique de tel chef d’état ou l’absence d’habit sur l’empereur…

  • John

    Belle ode au panurgisme , quelle invention inutile que le libre arbitre ..

  • Pr Stéphane Feye

    Je ne puis témoigner que de mon expérience. Ayant fondé il y a 16 ans une école totalement indépendante où le latin européen est la langue parlée, j’ai milité pour cette idée nouvelle très sensée mais totalement utopique dans un monde hyper hostile au latin.
    Au début, j’avais un plaisir énorme à être, comme je l’avais prévu, la risée des conformistes, mais j’ai continué à militer inflexiblement. Or, au bout d’une dixaine d’années, j’ai aperçu que presque plus personne ne riait de cette idée.
    Actuellement, le nombre de latinistes a triplé en Allemagne, des journaux existent en latin, un Vicipaedia etc. C’est amusant de voir l’inconstance de la foule. 10%, 20% ? – Je l’ignore!!
    Pour ceux qui sont curieux de ce phénomène, visitez http://www.scholanova.be
    Bon amusement!