Antonio Barichievich dit Le Grand Antonio

[Hors Sujet, Hommage] Je me rappellerai toujours de ce jour où j’ai croisé ce grand homme de près de deux mètres, des cheveux d’une longueur inégalée, ressemblant plus à de la corde. Dans la ligne 18 du bus de la STM en direction est, sur beaubien, à Montréal.

Je me rappellerai toujours de son entrée dans le bus et des gens qui s’écartent sur son passage. Je me rappellerai de cette mauvaise odeur, celle d’un homme qui ne s’est pas lavé depuis des jours.


Du moment où il est venu se tenir debout à mes cotés, juste sur ma gauche.

J’étais resté le seul à ne pas avoir bougé. Il n’y avait plus personne autour. Le vide.

De ses sacs poubelles. Les gens ne voyaient que ca, les sacs, l’odeur. Celle d’un itinérant.

Il faisait peur, un géant venu d’ailleurs.

Mais par-dessus cette peur généralisée, je me rappellerai toujours des instants où j’ai tourné la tête pour découvrir un visage creusé par la vie.

Et surtout de celui où j’ai vu ses yeux fixant droit devant lui, un regard paisible, le regard d’un sage sorti tout droit d’un paradis terrestre.

Ses yeux semblaient lui sourire intérieurement, juste pour lui, laissant penser à une sorte d’autosatisfaction.

C’est la première fois que je voyais tellement de paix et de calme intérieur chez un être humain, celui d’un homme ayant accompli mille et une choses et semblant être en paix avec lui-même.

Ce personnage sortait tout droit d’un film de géants, d’un film fantastique ou d’un conte de fées. Tellement indescriptible qu’il est difficile de le reproduire par écrit.

Ce n’est qu’une ou deux semaines plus tard, le 7 septembre 2003 que j’ai su qui il était, lorsqu’on annonca son décès à la tv et dans la presse, brièvement et de facon quasi-anonyme du style « ca c’est dit, next ».

Ce gentil géant s’appelait Antonio Barichievich, dit le Grand Antonio.

Paix pour ton âme Antonio. Merci de ton message, la vie n’est qu’un rêve, à nous de faire que ce rêve se passe de la facon dont on veut bien l’imaginer!

Un excellent article sur Norja.net

Le Grand Antonio tire 4 autobus, vidéo, archive de radio-canada

Livre de André Trottier The Great Antonio et autres contes de cirque

Surnoms du Grand Antonio: « Best Montreal weirdo », « The Butcher », « marginal le plus en vue de montreal »

Important!! Signez la pétition pour l’érection d’un monument en son hommage par le célèbre sculpteur Armand Vaillancourt ; plusieurs politiciens s’opposent au projet de Jean-Francois Plante, conseiller municipal de l’Arrondissement Rosemont-Petite-Patrie.

Livre Antonio le Grand chez Libraire Pantoute
Entre légende et réalité, le Grand Antonio forgea lui-même son mythe. Aux journalistes dont il cherchait l’attention à la fin de sa vie, il faisait des déclarations contradictoires sur ses origines comme sur son propre nom. Du livre des Records Guinness au Tonight Show en passant par les autobus qu’il tirait, il n’atteignit qu’une gloire éphémère. Dans ses vêtements en lambeaux, il vendait aux passant des collages représentant l’étendue de sa puissance. Sa force épuisée, il ne lui restait rien, sinon une légende à propager : celle du Grand Antonio, l’homme le plus fort de tous les temps.

Antonio le Grand, article sur Voir.ca:
Monstre sacré de l’inconscient collectif québécois, le Grand Antonio n’était plus que le fantôme de lui-même avant sa mort, en 2003. On le voyait dans le métro, dans les parcs, où il vendait des photos de sa gloire passée. «L’homme le plus fort du monde» a pourtant brillé de tous ses feux. Ses démonstrations de puissance lui ont valu une renommée internationale. Signée Sylvain Laquerre, cette première biographie fort honnête aux accents intimistes (l’auteur, photographe de profession, fréquenta le colosse pendant plus de 20 ans) relate en détail l’ascension, la chute et la solitude de cette comète de muscles et d’extravagance. Éd. Amérik Média, 2006, 112 p.

7 Comments

  1. Audrey 4 janvier 2009
  2. pattherice 18 juin 2009
  3. Sylvain 5 février 2010
  4. alain 19 février 2010
  5. manuel 25 février 2010
  6. Francois 26 novembre 2012
  7. Denis 7 janvier 2013