Adieu financement de startups et web 2.0 (fin d’une époque)


Un peu comme pour la bulle techno de 2000 cette fois on touche le fond. On le savait déjà depuis un petit moment mais les deux dernières semaines sur les bourses mondiales ont juste donné le coup de massue final.


Déjà qu’en France en temps normal il est très difficile, voire presque impossible de trouver des fonds pour une startup, maintenant ce sera à oublier. A moins d’avoir un copain qui a plusieurs millions en banque et qui ne sait pas quoi en faire.

Peut-on dire adieu au Web 2.0 ?

oui au financement 2.0 car la plupart des entreprises estampillées web 2.0 n’ont jamais gagné d’argent et avec la crise mondiale actuelle, les sociétés de financement et capitaux risqueurs ont décidé de fermer le robinet. Sequoia Capital a donné le ton aujourd’hui lors d’une conférence dans la Silicon Valley. Le bon temps est révolu pour plusieurs années. (RIP Good Times en anglais)

Webmasters/startups/jeunes fous du web: il va falloir retourner faire ses devoirs et désormais se concentrer sur ce qui rapporte de l’argent. En gros penser à rentabiliser avant de développer et non pas l’inverse comme pour les sites web2 développer et penser au modèle économique éventuellement 3 ans plus tard avec quelques pubs Adsense…

Quant au terme « web 2.0 » il est apparu vers 2004 et disparaitra sûrement définitivement  en 2008.

Cependant ce que l’on retiendra de cette ère web 2.0 c’est un magnifique bouleversement d’Internet dans le bon sens du terme avec des outils techniques puissants pour l’utilisateur ainsi qu’une véritable socialisation des internautes et des acteurs du secteur (webmasters, blogueurs, consultants, référenceurs,…)

Monsieur Web 2.0, Michael Arrington a publié ce matin un article annoncant la fin du web 2.0. Dans la foulée Ouriel Ohayon a publié une note sur Techcrunch Fr. Le journal économique l’Expansion y va aussi d’un article pessimiste.

Alors maintenant que l’on peut officiellement dire que le web 2.0 est mort puisque le Dieu 2.0 Arrington lui-même l’a dit, on devrait voir des centaines d’articles apparaître sur le sujet et des reconversions se produire.

« je te l’avais dit », « c’était sûr », « web 2.0 n’était que du marketing », « moi je l’avais dit avant tout le monde », « c’est nul » , « on s’en fout »

Mince il va falloir que je renomme le titre de mon blog moi, car ca va vite devenir une tare de porter le terme 2.0 ! ;- )

Non mais sans blague on a quand même bien tous rigolé mais il va falloir se trouver un vrai job maintenant :-(

Alors est-ce que tout est fini ??? Non pour moi aucun changement j’ai déjà un travail à temps plein (là je suis en vacances!) et je vais continuer à vous parler du web ca c’est certain. C’est juste qu’il y aura beaucoup moins d’articles parlant de sites en version beta. Mais si vous me lisez depuis un moment vous savez que ce genre d’articles ne constituaient pas le coeur de mon blog puisque je m’intéresse à tous les aspects du web, mobile, référencement, monétisation, etc..

Tiens ce qui va être intéressant à observer ce sont les sites web capables de générer du chiffre d’affaire en cas de crise mondiale…

  • Graeme

    Bon, ben, on se revoit dans le 3.0 alors ? ;-)

    Il s’agit seulement d’une crise financière, c’est cyclique, il en arrive tout le temps, régulièrement. Tout ça reviendra.
    Par contre, les modèles web 2.0 étaient justement mieux conçus que pour le 1.0, ils gagnent plus d’argent, du moins ceux qui ont une bonne idée et, effectivement, un modèle d’affaires. Y a pas tellement de « loteries » web 2.0… ;-)
    Et en plus, il y a désormais un marché, fort, développé, des milliards de gens (disons au moins 1 milliard et quelques).
    La crise financière n’a rien à voir avec le web, cette fois du moins. L’immobilier et les actions pourries, tout cela ne concerne que la « vieille économie ». Les financiers font payer à tout le monde leur incompétence, et ils savent démontrer qu’ils sont incompétents en général, dans pratiquement tous les domaines, et notamment dans le web, en pensant qu’un business doit rapporter de l’argent avant d’avoir investi et d’avoir été développé.

    Donc ce n’est pas la fin du web, c’est juste qu’on va passer à la suite. Et jusqu’à la prochaine crise financière, dans 10 ans ?
    En attendant, ça ne change rien pour moi non plus, tous mes sites progressent et je gagne beaucoup plus d’argent que l’année dernière, alors je suis content ;-)

  • Vincent Abry

    C’est clair Graeme que la crise n’est pas celle du web mais cette crise de l’immobilier et des banques hyper prévisible risque bel et bien de plomber le web.
    En tout cas pour ceux qui vivent de la pub. Il y a déjà eu des mises à pied de blogueurs/editeurs en californie payés au nombre de pages vues.
    Déjà que Google a réduit le prix du CPC par 5 depuis 4 ans (observé sur mes sites) que va t-il nous rester ;-)? les valeurs humaines comme en chaque période de crise!

  • Marc-André

    Tout à fait d’accord.

    L’époque du pelletage de nuages est terminée et qu’il ne suffit plus que d’avoir des idées. J’ai l’impression qu’il sera difficile pour plusieurs de réaliser que 99.5% de la population utilise drastiquement moins tous les bidules technlogiques (et qu’elle se foue du wow-factor du backend) mais qu’ils ont besoin d’eux comme client pour survivre.

    La vieille économie peut encore donner quelques leçons (modèle d’affaires, courbe de Rogers, gouffre de Moore) qui forment la base des affaires.

  • narvic

    Et pourquoi on se gênerait de rappeler aujourd’hui qu’on disait déjà hier que le web 2.0 c’était du flan ?

    Pour ne pas indisposer ceux qui nous considéraient à l’époque comme des arriérés qui n’avaient rien compris ?

    C’est un peu facile, non ?

  • Etienne

    Le Web 2.0 n’est pas terminé, la pub passant de la télé au net devrait couvrir la baisse des revenus publicitaires.

    La croissance par contre sera moindre, et on assistera surement à un « durcissement » des conditions de travail. Fini les locaux à la Googleplex pour une startup non bénéficiaire.
    Le modèle de Wikio (télétravail) sera surement copié par certaines pour réduires les coûts.

    On retrouvera sans doute aussi les mythiques garages où débuteront les startup sans financement, le côté underground du développement, ce qui n’est pas forcément un mal.

    Peut-être verrons nous le 2.0 s’appliquer au levée de fond avec les nouveaux services d’investissement P2P (vu la défiance grandissante envers les milieux financiers, c’est une possibilité).

    Ne soyons pas pessimiste ;)